Par Cecilia Fernandez, acupuncteure

Une partie de notre routine de soins corporels consiste à utiliser différents types de produits pour nous laver, nous embellir et nous désinfecter. Nous obtenons ainsi une sensation de fraîcheur et de confiance nous permettant d’aller à la rencontre des autres. De plus, nous évitons que des bactéries néfastes s’installent en tout confort dans notre corps pouvant donner lieu à des problèmes de santé tels que rhume, carie, gingivite, intoxication par escherichia.coli pour n’en nommer seulement quelques-uns.  Mais, est-ce que vous savez ce que vous introduisez dans votre corps à travers votre peau et votre bouche par ces petits gestes quotidiens?

LE SYSTÈME DE DIFFUSION DE LA PEAU

La peau a une double fonction. Tout d’abord, elle nous protège de l’environnement en créant une barrière contre les éléments externes. Toutefois, cette barrière étant semi-perméable, elle peut absorber certains produits entrant en contact avec elle. Depuis des milliers d’années, les gens s’appliquent des huiles, crèmes, onguents pour des raisons de beauté, mais aussi pour des raisons médicales et ça continue d’évoluer. Les produits qui sont absorbés naturellement par la peau seraient classés dans la première génération de produits de diffusion car nous n’avons pas besoin d’augmenter la perméabilité de la peau pour qu’ils pénètrent1.

Cependant pour la deuxième et troisième génération de diffusion1, l’industrie pharmaceutique cherche de plus en plus des mécanismes pour augmenter la perméabilité de la peau aux molécules hydrophiles, macromolécules ou vaccins. Un exemple est l’utilisation de cette voie pour la prise de médicaments, ce qui présente plusieurs avantages.

L’industrie cosmétique utilise aussi des substances pour que leurs produits pénètrent mieux, par exemple les glycols et en particulier le propylène glycol, le butylène glycol et le polyéthylène glycol. Ils permettent une absorption rapide par la peau et libèrent d’autres ingrédients dans le derme (couche plus profonde de la peau) 2.

Le problème survient lorsqu’on utilise des substances qui sont suspectées ou reconnues être des précurseurs de cancer, disrupteurs endocriniens et autres, pour augmenter la diffusion de la peau.

L’INGESTION DE TOXINES

On ne parle pas ici des produits toxiques évidents comme herbes toxiques ou aliments en décomposition ou mal préparées/emballés qui sont une source évidente de toxicité. Parlons plutôt des produits que l’on pense sécuritaires, comme la pâte à dents et le rince-bouche étant donné qu’on ne les avale pas. En fait, un enfant de 2-3 ans peux avaler jusqu’à la moitié du dentifrice avec lequel on lui lave les dents et à 6-7 ans, c’est près d’un quart du dentifrice3. Pour les adultes, le pourcentage estimé de dentifrice avalé sans faire exprès dans une étude Hollandaise de personnes entre 7-69 ans est de 0.55 μg/kg masse corporelle/jour4.

DEUX FAÇONS POSSIBLES DE DÉTOXIFIER SON ORGANISME

La première bien sûr est d’éliminer les toxines, mais ceci est un processus pas mal complexe. Plusieurs toxines sont dans notre corps depuis des années et sont emmagasinés dans nos tissus gras, notre gros intestin, les amalgames des dents, et plein d’autres endroits où ce n’est pas évident ou facile de les déloger pour ensuite les éliminer. Bien sûr, on peut essayer. Cependant, quand on y pense, c’est plus facile de bien choisir nos produits avant qu’ils ne pénètrent dans notre corps. De la même façon que nous avons intérêt à essayer de manger bio, frais, local, sans additifs, ni pesticides etc…, notre routine quotidienne devrait être, elle aussi, remplie de bon produits qui ne nous intoxiquent pas.

En 2010, la Fondation David Suzuki a fait un sondage pour savoir quels produits toxiques se retrouvaient dans les cosmétiques au Canada et les résultats sont plutôt inquiétants5. Cela a mis en évidence la faiblesse du cadre législatif pour éviter l’utilisation de certains produits toxiques, et les a amené à faire des recommandations pour renforcer les lois et protéger la santé humaine et l’environnement5.

QU’EST-CE QU’IL FAUT ÉVITER ET POURQUOI?

Il faut surtout éviter les « dirty dozen6 ». Mais en réalité, la liste pourrait facilement aller jusqu’à 207. La raison est qu’il s’agit de substances fortement suspectées d’être des  cancérogènes, pesticides, perturbateurs du système reproducteur, perturbateurs hormonaux et  du système immunologique.

Ceci rend très important le fait de lire les étiquettes des produits que l’on consomme (aliments, produits de nettoyage de la maison et soins personnels)!

Nommons les 12 principaux, « dirty dozen» :

La « Dirty Dozen » des produits à éviter autant que possible.

EST-CE QUE VOUS POUVEZ SIMPLIFIER TOUT ÇA? (IL Y A TROP DE NOMS CHIMIQUES!!!)

Oui.  Vous êtes à la pharmacie et vous vous demandez si la pâte à dents ou le fard à joues que vous voulez acheter est plein d’ingrédients douteux…? Vous sortez alors votre téléphone et allez sur l’application EWG’s Healthy Living (du Environmental Working Group) ou sur l’application Think Dirty (que vous aurez préalablement installé). Supposons que vous avez pris Healthy Living. Vous pouvez essayer de scanner la barre à codes du produit pour connaître les composantes et le classement du produit. Il sera noté selon s’il est dangereux ou non : 1 à 2 s’il n’est pas considéré dangereux; 3-6 pour ceux un peu dangereux et 7-10 pour les dangereux. (Les points sont donnés en fonction de si EWG connait tous les ingrédients du produit et les études scientifiques retrouvées dans la littérature auxquels ils ont accès).

Deux résultats possibles

Deux résultats sont possibles. Le premier, le produit s’affiche et on vous donne toute l’information. Le deuxième, l’application ne trouve pas le produit car ils ne l’ont pas encore dans leur base de données. (Vous pouvez contribuer en envoyant la liste des ingrédients pour qu’ils l’incluent dans leur base de données). Dans le dernier cas, vous pouvez regarder ingrédient par ingrédient. (Notez que les 6 premiers ingrédients sont généralement ceux qui se trouvent en plus grande quantité dans le produit et c’est surtout eux que vous devez rechercher). Si dans les 6 premiers tous sont en dessous de 2, vous avez un assez bon produit entre les mains.

Finalement, si vous n’avez pas un téléphone intelligent, vous pouvez noter les ingrédients (n’oubliez pas la loupe!). Vous pourrez les rechercher à l’aide de l’ordinateur plus tard. De toute évidence, ces bases de données ne sont pas encore parfaites. Il est important de considérer la quantité de nouveaux produits qui inondent le marché. De plus, il est parfois difficile de trouver toute l’information pour la donner au public assez rapidement.

CONCLUSION

Au début on peut se sentir un peu anxieux car les mauvaises substances sont apparemment partout. Le but de cette information est de vous donner le pouvoir de faire des meilleurs choix pour vous et votre famille. Il y a de plus en plus de choix non toxiques, cruelty free, gluten free, véganes (pour les cosmétiques). Vous seriez surpris de savoir qu’il y a des produits non toxiques, ou avec un indice de toxicité bas dans les pharmacies et qui ont un prix abordable7, 9.  Par ailleurs, la possibilité de faire vous-mêmes vos produits existe aussi, si cela vous interesse8.

« La connaissance est la clé du pouvoir, de la sagesse. » Confusius

Pour plus d’inspiration, voici quelques sites web qui peuvent vous donner des idées10, 11,12. Essayez peu à peu de remplacer les produits que vous utilisez par ceux qui sont libres d’ingrédients toxiques.  Bon remplacement!

BIBLIOGRAPHIE

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